dimanche 17 juin 2018

Le vampire hémophile




____Il était une fois un vampire élégant
____La canine lustrée et le regard gourmand
____Faisant tourner sa cape avec dextérité
____Se montrant en tout point au fait de son métier
____Lorsque le gosier sec, il s'en allait chasser
____Le vin vermeil sucré de bambins grassouillets
____En parfait connaisseur il était avisé
____Que d'un corps jeune et gras perle un sang parfumé

____Ce palais raffiné rendait ardue sa quête
____Du goût insaisissable, de la liqueur parfaite
____Le temps et les excès lui firent oublier
____Qu'une victime par nuit avant le contentait
____Il buvait goulûment le petit doigt en l'air
____Sur un tas de corps nains d'âges et d'habits divers
____Pour trois gouttes d'extase, en six cents ans de chasse
____Il décima trois mille cinq cent quatre villages

____Une jolie tête blonde aux cils bruns et graciles
____Le mena à sa perte par une nuit d'avril
____Alors que rassasié après un bon dîner
____Il perçut le fumet que la môme exhalait
____Mêlant jasmin, thé vert, chocolat noir amer
____La doucette transpirait l'odeur d'un bon dessert

____Tandis qu'il se penchait sur son lit de bois blanc
____Et inclinait la tête vers un vaisseau saillant
____De son cou frêle et lisse, il s'écorcha l'index
____Sur une écharde fine tranchante comme un silex
____Un sang noir et épais jaillit, s'éternisa
____Dans un flot continu qui son grand corps vida
____Si bien qu'il ne resta du vampire distingué
____Qu'un grand tas de peau flasque et deux dents aiguisées.




mercredi 6 juin 2018

lundi 28 mai 2018

L'histoire tragique de la fillette qui grignotait des fleurs.




Un épi, des fossettes, un teint de rose crocus
L'héroïne de ce conte avait huit ans, pas plus.
Fille d'une herboriste et d'un apiculteur,
Ses bécots et son rire avaient un goût de fleur
Puisqu'aussitôt qu'elle fut en âge de mastiquer,
Elle dévora sans trêve mimosa, lys, muguet.
Elle croquait la douceur, avec ou sans épine
Et semait derrière elle les tiges de ses victimes.
Terreur des pâquerettes, mâcheuse de pistils,
La môme florivore traquait la chlorophylle.
Rosacées, crucifères ou renonculacées,
Elle grignotait de tout, elle testait son palais
Et c'est avec délice et de grands yeux gourmands
Qu'elle s'approcha des fleurs d'un sarracène géant
Habituée aux mouches et aux petits insectes
La plante, avec chaleur, accueillit la fillette
Et il ne s'en fallut pas moins de dix-huit mois
Pour que le petit corps, entier, elle digéra.



[ ce poème fleuri est un petit cadeau pour ma Maman <3 ]


dimanche 27 mai 2018

A ghost story.






Petit bijou.