jeudi 30 mars 2017

La fabrique à cauchemars.

 


{ Source }


Il y a deux grosses cheminées au loin.
Elles font crisser les rêves des mômes
Ils s'entrechoquent comme des bulles un peu difformes

Des bulles de pâte à mâcher
Pleine d'accents circonflexes
Une pâte goût poivre-et-sel
Qui fait des bulles, redisons-le, un peu suspectes

Des bulles qui pètent

A en faire s'énerver la terre
A en faire valser la mer
Le ciel
Les mélanger
A les bombarder d'éclairs
Un peu mordorés
Un peu verts

Des bulles écrans
Sur ces bulles des films qui glacent
Qui épouvantent
Où dansent des formes mouvantes
Où grimacent des bouches d'enfants
Qui dégoulinent de dents qui tranchent

Du sang

Le sel de la pâte à mâcher
A comme un petit goût de larme
Comme quand la vie baisse les armes
Comme quand on s'endort pour longtemps

Et qu'on se réveille en chantant.



dimanche 18 septembre 2016

Thérapie par le bonheur.



Est-ce que quelqu'un me croira si je dis encore fois que je reviens sur le blog pour de bon? Peu importe, après avoir vécu le plus bel été de ma courte existence, déménagé à Strasbourg, changé de vie de A à Z, je profite de ne pas m'être encore écroulée de fatigue/émotion pour poster les jolis souvenirs de mes vacances magiques dans le Verdon avant qu'elles ne deviennent anachroniques. A très vite!





mercredi 20 juillet 2016

The Neon Demon.



(pour l'instant LE film de mon année 2016) 








The Neon Demon, réalisé par Nicolas Winding Refn.



mardi 19 juillet 2016

La quitter.




Ode à Paris


Paris, ma belle, je fous le camp. Presque pieds et poings liés. Le presque, ici, réside dans le fait que cette décision pénible demeure par définition un choix, un vrai. Ou plutôt un oui, à une autre, Paris. A une autre dont je ne connais rien, merde. Paris, je tremble comme une feuille. Comme une droguée à qui on aurait confisqué sa came.

J'avoue que notre relation a été chaotique. J'avoue t'avoir haïe, sans raison parfois. Et parfois car tu le méritais. Paris tu es crasseuse, hostile, antipathique, raciste. Paris tu te la joues. Tu es monotone dans ta beauté. Et ces visages, à travers lesquelles tu te matérialises, sont autant de minuscules pièces d'un puzzle vraiment pas fastoche. Paris, tu m'as pris le tête! Tu m'a collé la migraine, avec tes relents de pisse, de clope. Paris tu pues du bec! Tu exhales l'odeur écœurante d'un parfum bon marché, le fumet corsé des cafés hors de prix, le crachat toxique des pots d'échappement. L'odeur âpre des gens.

Mais tu brilles, ma vieille. Tu scintilles, de jour, de nuit. Ta vraie beauté, Paris, se nourrit de tes imperfections. De ta folie timide. De ton côté obscur. J'aime tes secrets, j'aime profiter de toi, à ton insu. Faire tomber ton masque de pucelle. Paris, j'aime tes rues en fin d'après-midi, tes lumières la nuit, j'aime quand tu n'es plus si bien rangée. J'aime tes restaurants asiatiques à la devanture douteuse, tes graphitis, les collages sur tes murs, j'aime ton odeur de pain le matin, j'aime que tes cloches me cassent les oreilles. J'aime savoir qu'une foule vit, grouille, ici Paris, entre tes quatre murs. Je te photographie sans cesse, je te prends sous toutes les coutures. Je te pille à coups de clic et de clac, je te vole mille petits moments uniques, je les mets dans ma boîte. Et plus que tout, j'aime ton art, tes couleurs, ta musique. J'aime comment tu tritures mon cerveau, comment tu le nourris. Je t'ai bouffé Paris. Je te digère encore, à vie.

T'es hors de prix, vieille rombière. Mais traîner avec toi résonne comme un privilège. Privilège que je m'octroie encore un peu, pour moins de jours qu'il n'y a de doigts sur ma main. Je m'enivre sur tes terrasses, je grille sous ton soleil dur. Je perds le contrôle. Je bousille mes économies. Je m'en fous Paris. Je t'aime, ça y est, après quatre ans, je te le crie.